mardi 6 mai 2014

Jaffna et l'île de Nainativu

Nous nous acheminons vers la dernière partie de notre circuit. En effet nous avons choisi d'aller visiter cette partie plutôt évitée par les agences de voyage. Nous ne le regretterons pas. Un tuktuk (encore un!) nous emmène à la gare ferroviaire d'Anuradhapura. Depuis peu, en fait depuis le 4 mars exactement, on peut atteindre avec le train, la gare de Palai. Ensuite il reste 1h de bus pour rallier Jaffna. D'ailleurs nous constaterons que les rails vont déjà jusqu'à Jaffna et que les travaux vont bon train (c'est le cas de le dire!) pour que la ligne soit ouverte jusqu'au bout.
Cette partie est totalement plate et l'altitude moyenne ne doit vraiment pas être élevée. Nous atteignons "Elephant Pass" (altitude 2,1 m!) qui est un isthme, reliant le territoire de Jaffna au reste du Sri Lanka. Cet endroit tient son nom semble-t-il, au fait que les éléphants capturés au Sri Lanka et envoyés en Inde passaient par là. Mais Jaffna a aussi été une région très touchée durant la guerre civile. Voici les principales dates concernant la lutte pour contrôler le point stratégique que constitue "Elephant Pass" (document "le petit futé") : 
Nous aurons l'occasion, lors de nos déplacements dans cette région de Jaffna, de voir de nombreuses ruines de maisons, conséquences de cette guerre. Voici une première carte de la région à partir d'Elephant Pass, à l'est, jusqu'à l'île de Delft, que nous irons visiter, avec en rouge notre itinéraire au nord de Jaffna : 
Et ci-dessous les deux îles faites le 1er et le 3ème jour. Il est sûrement possible d'enchaîner la visite des deux îles en une seule journée. Pour cela il faut commencer par Delft (départ du bateau-ferry à 9h00 et retour à 14h30) et ensuite prendre le premier ferry pour Nainativu pour aller voir les temples (toutes les 10 mn). Faisable mais certainement assez fatigant...
A notre arrivée à Jaffna le lundi il pleuvait des cordes, ce qui n'était pas arrivé depuis très longtemps... Pas de chance! Heureusement mardi matin nous nous sommes levés avec un temps sec pour prendre un bus pour Kurikadduwan où se trouve l'embarcadère (diaporama du trajet en bus), à la fois pour Nainativu, où nous allons pour cette première sortie, et l'ile de Delft, sortie programmée au jeudi. Nous avons la surprise de découvrir le ferry... où le port du gilet de sauvetage est obligatoire et où tout le monde l'enfile. Au retour il en sera différemment... Le coût de la traversée est vraiment modiques : 30 RS (20 cts d'€). L'image ci-dessus est plus parlante qu'un discours.


L'île de Nainativu abrite deux temples connus, Naga Pooshani Amman Kovil, pour les hindous et, Nagadipa Vihara, pour les bouddhistes. Tous deux sont facilement identifiables depuis la mer. Depuis que vous nous lisez vous êtes à même de les reconnaître... Les deux temples sont situés à environ 500 m l'un de l'autre. Nous commencerons par la visite du temple bouddhiste. Nagadipa est le seul site majeur de pèlerinage bouddhique du nord. Le Bouddha serait venu ici pour empêcher une guerre entre le roi naga et son neveu pour posséder un trône incrusté de pierres précieuses. Il leur suggéra d'offrir le trône au temple. Le précieux siège et le temple d'origine ont disparu depuis longtemps. Nous y découvrons un joli dagoba argenté (photo) et,
juste derrière trois bouddhas souriants dans un temple coiffé d'un dôme. Voir le diaporama de Nagadipa Vihara. Nous prenons ensuite un chemin pour aller visiter le temple Hindou. Bien entendu le chemin est parsemé de boutiques souvenir et nous nous laissons convaincre pour acheter des confiseries rouges dont on ne saura jamais de quoi elles sont faites, si ce n'est une bonne dose de sucre.

 Nous arrivons au Naga Pooshani Amman Kovil (photo ci-contre), un grand ensemble hindu entouré de neems (margousiers). Il est consacré à la déesse naga Meenakshi, une épouse de Shiva ( le terme naga fait aussi bien référence aux dieux serpents qu'aux premiers habitants de l'île). Les femmes qui souhaitent avoir des enfants viennent pour la bénédiction, donnée pendant la puja (office religieux) de la mi-journée dans une ambiance de transe... Comme m'avait prévenu Dominique, je dois enlever ma chemise pour visiter ce temple hindou (mais cela se reproduira à d'autres occasions, dans les mêmes circonstances). Voir le diaporama de Naga Pooshani Amman Kovilextérieur seulement car à l'intérieur les photos sont interdites.
Nous reprenons le premier ferry disponible pour retourner à Kurikadduwan, reprendre un bus pour Jaffna. Nous en profitons ensuite pour aller faire un petit tour à pied et découvrir le Fort de Jaffna, auquel on ne peut accéder car il est en restauration, avec un financement principalement hollandais. Quand les travaux seront terminés l'ouvrage sera certainement intéressant, mais en l'état, cela ne vaut pas le déplacement. Nous passons devant la nouvelle bibliothèque, reconstruite après le cessez-le-feu de 2002, car détruite par un incendie volontaire par des émeutiers cinghalais en juillet 1981. Elle avait été inaugurée en 1841 et était un centre culturel tamoul important et une institution historique. Sa destruction avait été considérée comme une attaque culturelle. En effet la bibliothèque possédait une collection mondialement renommée de plus de 90 000 ouvrages, dont des documents en tamoul irremplaçables, tel l'unique exemplaire du Yalpanam Vaipavama, une histoire de Jaffna. En 2010, un nouvel incident à la bibliothèque, relaté par un article paru dans "Courrier international" montre que les tensions sont encore présentes.

Nous apercevons ensuite la tour de l'horloge (photo ci-contre). Elle commémore la visite du Prince de Galles en 1875, futur Edwouard VII, à Ceylan. Elle fut construite l'année suivante. La tour de style mauresque a été conçue par M. Smither, l'architecte du gouvernement. Sir James Longdon, administrateur de l'île, fit don de l'horloge'rie. Au cours de la première partie de la guerre civile, la tour subit d'importants dommages. A la suite du cessez-le-feu de 2002, le prince Charles d'Angleterre décida d'un don d'un million de roupies pour la réfection de l'édifice et le remplacement des quatre horloges détruites. Nous 
continuons et prenons un tuktuk qui nous dépose devant le Nallur Kandaswamy Kovil, un autre temple hindou (où j'enlèverai encore une fois ma chemise!). En chemin nous passons devant le Sri Nagavihara, centre bouddhique international (photo ci-contre).
Inutile de préciser que pour visiter tous ces temples hindous, comme bouddhistes, cela se fait nus pieds. Ce temple est l'édifice religieux le plus imposant de Jaffna et l'un des temples hindous les plus importants du pays. il est dédié à Murugan (Skanda), et l'effigie du dieu, entourée d'un cadre en cuivre, est le centre d'une bouillonnante activité lors de la puja à 5h, 10h, 12h, 16h, 17h et 18h45. Nous assisterons à celle de 17 heures. Autour du sanctuaire principal, des sanctuaires abritent des  
divinités hindoues comme Ganesh, le frère à tête d'éléphant de Murugan. Le temple actuel date de 1734. Il contient des ornements en cuivre, de grandes peintures murales, des salles à piliers et un bassin sacré avec des marches et des colonnades. Son gopuram ocre domine la rue. Une fête hindoue est célébrée en juillet-août et dure 25 jours. Elle atteint son apogée le 24ème jour avec des processions de chars immenses et des séances d'automutilation de dévots en transe.
Nous rentrons à notre guest-house (Theresa Inn) après avoir dégusté un bière bien fraîche et bien méritée, en chemin. Demain nous avons prévu d'aller visiter la région au nord de Jaffna. A suivre...
Thérésa Inn


dimanche 4 mai 2014

Visite d'Anuradhapura

Tout se déroule comme prévu, à 7h nous attendons le tuktuk réservé la veille. Il arrive un peu avant, pendant que nous prenons notre petit déjeuner et entretien son véhicule à grands coups de chiffon. Photo : contrôle des billets!
Nous partons à l'heure dite  mais dès le premier virage, hors de la vue de la guest-house, il s'arrête derrière un collègue et nous explique que c'est son "frère" et que c'est lui qui va nous véhiculer aux mêmes conditions... Le tuktuk est un peu moins récent mais nous changeons et.... 500m plus loin nous nous arrêtons faire le plein... Malgré ces débuts difficiles tout se passera bien, le chauffeur est sympa et nous conduira sur tous les endroits à visiter. Mais c'est vrai qu'on a eu un petit moment de flottement.
Le site historique d'Anuradhapura est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco et s'étend sur plus de 3km2. Pendant plus d'un millénaire, Anuradhapura a été la capitale de 113 rois successifs, et de 4 reines, qui lui ont insufflé un exceptionnel élan artistique, en donnant naissance à des palais somptueux, à une statuaire et des jardins d'agrément raffinés et à une série de dagobas construits pour protéger les reliques les plus sacrées du bouddhisme. Les trois principaux dagobas de la ville comptent parmi les créations architecturales les plus gigantesques de l'antiquité (surpassées par les seules pyramides de Gizeh). Anuradhapura demeure un lieu bien
vivant, contrairement au site de Polonnaruwa, ce qui contribue à son charme. Site de pèlerinage largement fréquenté, comme nous avons pu nous en rendre compte, la cité est en maints endroits restaurées pour ne pas dire reconstruite. D'ailleurs en ce moment il se construit (par les militaires qui sont embauchés à des tâches de génie civil), un énorme dagoba. Ils sont environ 1000 à travailler sur ce chantier. Lors des poya (fêtes de la pleine lune), plus d'un million de sri lankais se pressent sur les lieux. Les fidèles se concentrent tout particulièrement dans le secteur du Sri Maha Bodhi durant la Poson poya (pleine lune de juin).

Nous débutons la visite par le temple rupestre d'Isurumuniya Vihara (voir l'album photos), car il est encore trop tôt pour acheter les billets d'accès au site (25$), qui ne sont disponibles qu'à partir de 8h00. Il dte du règne de de Devanampiya Tissa (3ème siècle avant J-C). A l'entrée on laisse bien entendu les chaussures et un garde tire sur mon bermuda pour le faire descendre et mieux couvrir mes genoux.. Coiffant et encerclant un promontoire rocheux qui domine les eaux du Tissa Wewa, le temple s'est agrandi au fil des années, accueillant un porche abrité, un dagoba en forme de cloche et d'autres additions architecturales reliées par des escaliers et des sentiers dallés qui s'accrochent à la surface du rocher comme des berniques sur la coque d'une épave retournée. 
Foule de fidèles à Sri Maha Boddhi

Nous enchainons ensuite avec l'arbre de la bodhi. Arbre le plus vénéré du monde, le Sri Maha Boddhi (voir l'album photos)serait né d'un surgeon de l'arbre de la bodhi, sous lequel le Bouddha aurait atteint l'Eveil en Inde. La bouture aurait été rapportée au Lanka par Sanghamitta, soeur de Mahinda, pour encourager la diffusion du bouddhisme dans l'île. Pendant quelques 23 siècles ,ce figuier des pagodes a bénéficié de soins les plus attentifs, même durant la très longue période où la ville fut livrée à la jungle. Des boutures ont été planté dans plusieurs temples de l'île et à travers le monde, créant une troisième génération d'arbres issus du figuier indien originel. Aujourd'hui on vient admirer ce doyen soutenu par un réseau d'étais en fer et protégé par une balustrade dorée, festonnée de drapeaux de prières offerts par les pèlerins. Nous continuons notre visite par le Ruwanweliseya, énorme 

Ruwanweliseya (voir album photos)

dagoba blanc. Nous resterons à l'extérieur car une foule considérable y est présente et nous voyons arriver et pénétrer dans l'enceinte du dagoba toute une procession portant une très longue banderole orange qui fera le tour du dagoba (photo ci-contre). Des vendeurs de fleurs pour les offrandes sont bien entendus présents mais également on voit une foule faire la queue pour recevoir une portion de riz... C'est impressionnant de voir cette foule,toute de blanc vêtue, dans sa ferveur religieuse. C'est vrai que cela fait partie du charme de la visite.
Nous découvrons ensuite le dagoba de Jetavanarama (voir album photos). Ce gigantesque dôme s'élève derrière le Sri Maha Boddhi. Construit au IIIème siècle par Mahasena, ildevait atteindre plus de 100m de haut, mais ne mesure plusaujourd'hui que quelques 70m, hauteur identique à celle de l'Abhayagiri. Lors de son édification, il s'agissait du troisième plus haut monument au monde, après deux pyramides égyptiennes.
Ensuite nous passons devant les bassins jumeaux de Kuttam Pokuna. Semblables à des piscines, ces bassins sont les plus beaux d'Anuradhapura. Il servaient probablement au bain des moines du monastère attaché au dagoba d'Abhayagiri. Bien qu'on les désigne comme jumeaux, le bassin du sud, de 28 m de long, est plus petit que celui du nord, de 40 m. L'eau pénétrait dans le grand bassin par la bouche d'un makara (animal mythique), avant de s'écouler dans le petit bassin par une canalisation souterraine. 
Nous poursuivons par le Bouddha Samadhi (voir album photos), statue du IVème siècle, figée dans une position assise de méditation, considérée comme l'un des plus beaux bouddhas du Sri Lanka. Nous allons admirer la Pierre de lune (voir album photos) avec son bel escalier orné de petites statues grassouillettes.
Notre route nous amène au dagoba d'Abhayagiri, sans doute plusieurs fois reconstruit, avant d'atteindre 75 m de haut, puis au Lankarama, un vatadage du 1er siècle avant J-C.



 Nous terminons par la citadelle avec le palais royal dont il ne reste que des ruines, et à côté un ancien puits,très profond, et le réfectoire de Mahapali, remarquable par son écuelle de presque 3 m de long et de 2 m de large, que les fidèles remplissaient de riz pour les moines.

Notre tuktuk nous ramène à la guest-house, d'où, après une bonne douche nous repartons nous restaurer (il est déjà 13 heures!), avec l'intention ensuite d'aller nous baigner dans la piscine d'un hôtel de luxe. Nous nous retrouvons attablés dans une grande salle de restaurant chinois, seuls clients. Malgré tout c'est très bon et extrêmement copieux. Nous allons ensuite dans un hôtel où le guide nous indique un prix d'accès à la piscine de 500Rs. A l'arrivée on nous demande.... le double! Après avoir exprimé notre mécontentement sur cette augmentation plutôt rapide des prix, nous découvrons que
nous sommes les seuls au bord du bassin. Enfin presque car de nombreux singes font des acrobaties dans les arbres tout autour de nous. Un couple belge finit par nous rejoindre avec ses deux enfants de 11 mois et 3 ans. Eux aussi ont trouvé le prix de l'entrée salé. Venus le matin, ils ont exigés de pouvoir revenir profiter de la piscine également l'après-midi. Ils viennent de vivre 7 ans en Australie et rentrent tranquillement en Belgique en passant par l'Indonésie, le Sri Lanka (qui les déçoit un peu) et peut-être l'inde. En tout cas chapeau, car avec deux enfants en bas-âge, ça ne doit pas tous les jours être facile.
Nous sommes chassés par la pluie, et nous rentrons nous reposer à la guest-house où nous dînons avant de préparer les sacs pour partir le lendemain en train en direction du nord et de Jaffna. A suivre...
Ci-contre, un varan en promenade...

samedi 3 mai 2014

Mihintale

Sur la côte est pas de couchers de soleil, mais les levers sont sympas!
Encore un lever matinal! En effet le bus pour Anuradhapura est à 7h00; nous avons commandé un Tuktuk pour 6h00 pour être sûrs d'être à l'heure et du coup c'est trop tôt pour avoir notre petit déjeuner servi à la guest-house. Pour positiver cela nous permet de prendre des photos du lever de soleil puisque nous sommes sur la côte est. Les couchers
de soleil c'est du côté Colombo.
A 6h15 nous sommes à la gare routière de Trincomalee et nous filons prendre un "petit-déjeuner" dans un restau musulman. Notre étonnement est grand de voir un daim à l'entrée de l'établissement; pour un peu on ne pouvait pas rentrer!. Là pas de pain grillé avec confiture. On se rabat sur des tranches de gâteau qu'on nous amène en nombre sur un plateau; on paye ce qu'on consomme. Bonne formule. Pour faire passer tout ça, un thé au lait. Cela fera l'affaire, pas envie de salé; dommage il y avait pléthore de beignets aux légumes ou à la viande.... En attendant le bus Philippe se balade autour
 de la gare de bus et tombe sur le marché aux poissons et celui des fruits et légumes...
Diaporama des marchés...
C'est parti pour 4h30 de bus, où nous aurons l'occasion d'acheter dans des petits sachets des pois chiches et des arachides cuites à la vapeur.... Le goût est plus fade que les cacahuètes grillées mais on sent bien le goût quand même. Tout ces petits trucs à grignoter font passer le voyage plus vite et à chaque fois les sollicitations des marchands en tout genre sont nombreuses à chaque voyage (train ou bus), boissons comprises.

Arrivés à Anuradhapura, un tuktuk nous conduit à laguest-house contactée par téléphone. Le chauffeur nous propose ses services pour visiter le vaste site du lendemain pour 1500 Rs. Il y en a pour 5 heures de visite avec le tuk-tuk,nous avions plus ou moins prévu de faire ça en vélo, mais du coup on se laisse rapidement convaincre que c'est une solution intéressante. Rendez-vous pour le lendemain à 7h à la guest-house.
Ci-dessus, sur la route Trinco-Anuradhapura
Le guide conseille de prendre une chambre à l'étage avec vue sur le las-réservoir.... C'est sans compter sur la nature, car les arbres ont bien  poussé et la vue a rétréci comme peau de chagrin.
Après notre installation et une bonne douche froide, nous filons régler le problème de téléphone de Béa qui ne fonctionne plus depuis deux jours...C'est juste que la puce donnée à l'aéroport n'est valable qu'un mois (durée du visa dans la plupart des cas), et que le délai est dépassé. Du coup il faut racheter une puce et les unités de l'ancienne sont perdues. Enfin il n'y a pas mort d'homme car les sommes en jeu sont modiques.
Un rond-point original!
Nous trouvons ensuite notre premier cyber depuis notre départ... On va pouvoir donner des nouvelles!Hélas à peine connectés, pannne d'électricité. Ne sachant pas trop la durée decette interruption nous ressortons pour prendre au vol un bus qui part sur
Mihintale. C'est à 13 km de là, et nous sommes debouts et bien serrés dans le bus. Impossible de voir où nous sommes... si bien qu'au bout d'un moment trouvant le temps long, nous descendons : nous sommes 20 km trop loin! Heureusement un bus repart dans l'autre sens au même moment et nous le prenons un peu en colère que personne ne nous ait dit de descendre alors  que nous avions demandé plusieurs fois si on avait dépassé Mihintale...
Nous arrivons enfin sur le site et toutes nos tracasseries pour y arriver sont bien vite oubliées car c'est vraiment beau.
Mihintale est le lieu de naissance du bouddhisme sur l'île. Un grand pèlerinage s'y déroule chaque année lors de la poya Poson (pleine lune de juin), rassemblant des milliers de personnes. Ce serait là en 247 avant J-C, que lors d'une chasse au chevreuil (il n'y a pas qu'à Mieussy que ça se pratique...), que le roi Devanampiya Tissa d'Anuradhapura
rencontra Mahinda, fils du grand empereur bouddhiste indien Ashoka. Mahinda testa la sagesse du roiet, voyant en lui un disciple possible, le convertit sur le champ. Mihintale est considéré comme le point d'entrée du bouddhisme au Sri Lanka.
On accède à la colline sacrée par une succession de 1843 marches de granit. Dans la partie supérieure, par les dernières marches, abruptes et bordées de frangipaniers, on accède  au lieu où Mahinda et le roi se rencontrèrent. Le dagoba d'Ambasthale fût bati à l'endroit ù se trouvait Mahinda. A côté une statue du roi marque l'endroit où se tenait le souverain. En facede la statue, de l'autre côté dudagoba, il y a un cloître et, derrière un immense bouddha blanc assis.

Au sud-ouest de ce dagoba, un chemin monte vers un dagoba plus élevé qui contiendrait 
les reliques de Mahinda. L'arbre de la Bodhi, situé au pied des marches serait l'un des plus vieux toujours debout. De là nous avons une superbe vue sur la campagne environnante et sur Anuradhapura et les flèches et dômes de ses imposants dagobas. A l'est du dagoba d'Ambasthale, un chemin escarpé monte vers un site dévoilant un panorama superbe. C'est Aradhana Gala, qui signifie "rocher de la méditation". Nous ne trainons pas car le ciel est noir et le tonnerre gronde. Avec la rampe métallique installée tout au long de l'ascension on ne sait jamais... Il faut rappeler que toute cette visite se faisant dans un lieu sacrée elle s'effectue pieds nus. Lorsque le soleil tape, la roche est brûlante et c'est assez douloureux. Heureusement ce n'est pas le cas aujourd'hui.
Diaporama de la visite du site de Mihintale 

Nous redescendons et passons par les boutiques où comme dans tous les lieux de culte, on vent des fleurs magnifiques pour les offrandes à Bouddha, mais également tout un tas de choses...
Un bus nous ramène à Anuradhapura juste au moment où éclate une forte pluie orageuse. Nous nous dépêchons d'entrer dans le cyber où cette fois nous n'avons pas de problème électrique et où nous pouvons accéder à nos boites mail... Un retour en tuktuk et un bon diner avant d'aller se coucher de bonne heure pour être prêts à l'aube pour la visite d'Anuradhapura.
Un "rice & curry" dont un ne se lasse pas...






vendredi 2 mai 2014

Nilaveli et Pigeon Island

Pigeon island c'est là-bas, au fond!
Comme nous l'avons écrit précédemment ce matin nous avons rendez-vous avec le couple de parisiens rencontrés à Harabana, à la caisse des billets pour le parc national de Pigeon Island (le lien est en anglais, mais en cliquant sur les liens du site vous aurez une idée de la faune qu'on peut y trouver)  Le rendez-vous a été fixé à 8h (plus ou moins
un quart d'heure). Fidèles à nos habitudes nous sommes ponctuels, malgré les aléas du transport. Au début nous avons essayé de prendre un bus, mais voyant l'heure tourner nous avons opté pour un tuk-tuk... qui fidèle à l'habitude locale nous dépose ... chez un pote pour la location des masques et tubas, voire la place dans le bateau. Nous attendons notre couple... mais force est de constater qu'ils manquent à l'appel et nous sommes les seuls au départ de la traversée. Ci-dessus le lever de soleil vers 5h30, avec au fond les bateaux des pêcheurs qui vont rentrer.
Passons maintenant au volet financier. Il faut savoir qu'au Sri Lanka les prix des billets d'accès aux sites sont assez élevés pour les touristes. Ici on doit déjà payer le droit
d'accès à la réserve, ensuite louer un bateau (qu'on peut partager jusqu'à 7 personnes, si on les trouve...), puis payer un droit d'accès pour le bateau, auquel il faut rajouter une taxe, sans oublier la location du masque, tuba voire des palmes... Pigeon Island nous semble un nom tout à fait indiqué, même si sur cette île niche réellement une variété de pigeons, nous avons l'impression que les pigeons, c'est nous. Durant notre séjour récent en Martinique nous avons eu plusieurs fois l'occasion de faire du masque et du tuba, du coup nous décidons de laisser tomber notre projet et de rentrer à pied par la côte.
Contrairement à Uppuveli où nous logeons, ici la plage est plus propre (relativement quand même), et il n'y a pas d'arbres. Les quelques hôtels qui s'y trouvent
sont très espacés, et l'eau est plus claire. La chaleur est bien présente car le ciel est dégagé, par conséquent nous nous baignerons souvent au fur et à mesure que nous avançons; c'est très agréable. Le retour sera quand même plus long que les 6 kilomètres par la route car la côte sera agrémentée de plusieurs petites baies qui rajouterons autant de chemin. Par contre dès la grande plage principale passée (environ 3 km), on retrouve les déchets en grande quantité et l'envie de baignade s'arrête aussitôt. Sur les photos cela ne se voit pas vraiment mais c'est un réel problème et il est important qu'un travail important soit réalisé pour nettoyer toutes ces plages.
Nous ne rencontrons quasiment personne tout au long de notre marche, du moins un seul touriste, un pêcheur au fusil, accompagné d'un sri lankais. Diaporama de notre marche côtière
Notre retour se fait par le temple hindu (voir le diaporama du temple Salli Muthumariamunam) aperçu le premier jour, mais cette fois nous n'avons pas le choix et
il faut traverser la petite rivière à gué, pas très loin du cadavre de la vache aperçu l'avant veille... Nous avons de l'eau jusqu'à l'abdomen, et l'eau est très, très chaude!


Nous avons marché environ 4 heures et nous sommes plutôt fatigués car la chaleur nous a accompagnés tout au long du parcours. Nous dégustons un petit "king coco" pour récupérer avant d'aller faire trempette. Une dernière nuit ici avant de reprendre la route pour Anuradhapura. A suivre...

jeudi 1 mai 2014

A pied sur la plage, jusqu'au fort Frederick et Koneswaram Kovil

Petit-déjeuner les pieds dans le sable... ça change de Mieussy!
Ce matin, avec ce ciel sans nuage, Philippe n'a pas résister à aller piquer une tête avant le petit-déjeuner et profiter de l'eau déjà presque trop chaude...
Aujourd'hui nous décidons de remonter la plage en direction du sud, jusqu'à la pointe qu'on voit depuis notre chambre. Au bout de la pointe il y a un temple hindou (Koneswaram Kovil), un des cinq temples sri lankais dédiés à Shiva pour protéger l'île des catastrophes naturelles. 
Hier nous avions déjà emprunté ce chemin pour aller voir les pêcheurs mais c'était très près de notre guest-house. Cette fois nous avons bien huit ou neuf kilomètres pour atteindre notre but, qui se trouve au bout de Trincomalee. Comme la veille nous regrettons la présence de nombreux déchets (plastiques surtout). Tout le long nous voyons des
pêcheurs et leurs bateaux sur la plage. Certains réparent les filets, d'autres rangent le matériel après une nuit de pêche ou font sécher le poisson au soleil. Ils ont intérêts d'être vigilants car le nombre de corbeaux est impressionnant!
De temps en temps, en se rapprochant de la ville de Trincomalee, nous traversons des rejets d'eaux usées qui s'écoulent dans la mer... Nous sommes également impressionnés par le nombre de chiens qui divaguent, certains couchés à l'ombre des bateaux, et qui parfois aboient dans notre dos lors de notre passage... Tout ça n'est pas très encourageant, et nous avons revu un couple d'australiens qui a préféré faire demi-tour...
Nous bravons la "peur" et finissons par rejoindre la route qui borde la côte, car il est devenu impossible de suivre le bord de mer. Nous passons devant de nombreuses boutiques de vendeurs de poissons séchés, dont on sent à l'avance l'existence. L'odeur est forte, il faut s'habituer. Diaporama de notre balade
Nous nous dirigeons en direction du fort Frédéric, qui est un centre militaire (interdiction de faire des photos!), et passons devant une maison où on voit de nombreux daims. Nous constaterons que ces daims vivent en liberté et qu'on peut les voir dans les rues partout en ville! Ensuite nous pénétrons dans le fort par une porte fortifiée. Celui-ci a été édifié par les portugais, puis reconstruit par les hollandais. Aujourd'hui, des insignes britanniques couronnent l'entrée semblable à un tunnel qui perce les épais remparts. Cette traversée est agréable car presque entièrement à l'ombre, et nous attaquons une dernière grimpée, pour passer devant les boutiques de souvenirs et de divers produits allant des images pieuses aux vendeurs de jus de fruits.
Nous finissons par arriver à l'endroit où il faut laisser ses chaussures (et où l'on rencontre le couple d'australiens pour la 4ème fois depuis notre périple...). Nous accélérons le pas sur le sol déjà très chaud pour entrer au temple où se déroule une puja (prière). Cela nous permet d'observer les rites religieux hindous.
A proximité du temple se trouve un grand Bouddha doré très élégant, perché au sommet de ce rocher situé 130 m au-dessus du niveau de la mer. Le temple Koneswaram, comme tous les temples hindous est richement colorés et décorés de nombreuses statues et bas-reliefs. Il abrite le lingam de Swayambhu, ce qui en fait l'un des sites hindous les plus importants du pays. Le sanctuaire d'origine pourrait bien être plus ancien, car le temple existait déjà en 300 après JC et fut construit par tous au fil des ans, des cholas au royaume de Jaffna (son gopuram aurait été visible du large), avant d'être détruit par les portugais.Le bâtiment actuel date de 1952. Al'extérieur du temple, on peut voir les vestiges originels au sommet d'un rocher. A côté du temple, on peut voir le Swami Rock, du haut de cette falaise de 130 m de haut.

Voir le diaporama du Kandasamy Kovil et du Swami Rock
Nous récupérons avec plaisir nos chaussures, car le sol devient vraiment brûlant pour redescendre et dénicher un restaurant recommandé par nos deux guides (Routard et Lonely Planet). Nous pouvons au passage découvrir la "Dutch beach", interdite à la baignade de janvier à mai en raison de courants dangereux. Nous restons sagement au bord. Nous trouvons finalement notre restau indien : le Green Park Beach Hôtel!
Avec un nom pareil c'est plutôt classe, et il y fait frais ce qui n'est par pour nous déplaire. Nous essayons de déchiffrer la carte de ce restau indien et prenons deux plats différents que nous partageons comme souvent, ne regrettant pas le déplacement.
Nous retournons vers le centre-ville pour reprendre le bus qui nous ramènera à notre point de départ matinal, en faisant un peu les boutiques de vêtements (beaucoup originaires de l'Inde). Le bus sera l'occasion d'un nouveau sauna, une expérience peu agréable il faut le dire même avec l'expérience...
De retour à notre chambre nous apprécierons une bonne bière, avant d'aller se remettre de notre marche dans un bain.... trop chaud! Si,si on vous jure qu'on aimerait quelques degrés de moins.
Après un nouveau diner délicieux (prawn curry pour Philippe et fried vegetables noddles pour Béa), nous récupérons tranquillement dans la "fraicheur" de la soirée. Philippe ne résistera pas à aller se prendre un petit bain de 22 heures...